Et si on commençait par le début: partir vers Saint Jacques de Compostelle de chez nous. Cette idée me trotte dans la tête depuis un certain temps. En fait on ne connait pas bien ces lieux près de chez nous. Nous voulions suivre le GR 654 mais je trouvais l’itinéraire trop long ; J’ai trouvé un chemin 100 KM plus court édité par les randonneurs et pèlerins 51(département de la Marne): la Via Campaniensis. Quelques jour avant le départ nous allons repérer le chemin que nous allons suivre pour traverser la Meuse et rejoindre Maze notre première étape. Nous achetons les cartes nécessaires à Givet. Ce 3 avril 2013, nous mettons la clef sous le paillasson. Nous avons déposé la veille nos sacs à dos à la chambre d’hôte de Maze . Nous n’avons avec nous qu’un petit baluchon pour la journée et notre repas pour ce soir car le restaurant du village est fermé le mercredi
Nous prenons la route vers Dion derrière chez nous puis une piste nous mène à Flohimont en France, nous traversons la Houille , passons à coté des anciennes forges converties en fabrique de fils de cuivre. Nous remontons vers l’église.
Juste derrière nous prenons la route à droite qui monte très fort vers le village de Charnois
Nous traversons ce petit village et prenons la route à droite qui nous mène à la ferme de Pichegru
L’endroit est très isolé. Nous passons devant la ferme puis prenons un chemin très encaissé à travers bois. A la sortie du bois nous prenons le sentier à droite qui suit la falaise puis descend rapidement en zigzag jusqu’à la Meuse.
Deux possibilités s’offrent à nous: soit aller à gauche , longer la centrale et traverser la Meuse à Ham sur Meuse, soit aller à droite vers Chooz où il y a également un pont. Nous choisissons la deuxième option car il y a un petit restaurant( malheureusement actuellement fermé).
Après avoir traversé la Meuse nous prenons la direction d’Aubrive. Un chemin à gauche suit la route avec de belles vues sur la Meuse et Ham
Nous redescendons tout jusqu’à une petite route qui remonte sue une cinquantaine de mètres pour arriver au chemin des fortifications qui longe le canal
A Aubrive nous allons jusqu’à l’hôtel de ville où nous prenons la route de droite: la route de Hierge
Petit village médiéval où il est possible de se restaurer et de loger
La légende raconte que les 3 seigneurs du village partirent en croisade avec Godefroid de Bouillon. A leur retour, il retrouvèrent leurs épouses respectives transformées en montagne beignant leurs pieds dans la Meuse( les Dames de Meuse). Nous remontons la colline en face du village et retraversons la frontière
Ici, nous retrouvons les marques rouge et blanc du GR et les marques de Saint Jacques de Compostelle qui nous mèneront à Maze notre destination.
Etrange accueil, nous avons sonné , chahuté devant la maison, personne n’est venu à notre rencontre. Nous nous sommes installés dans notre chambre glacée sans que personne ne s’inquiète de notre présence. C’est seulement après une bonne heure que notre hôtesse a daigné se montrer. Après un copieux déjeuner, nous montons la colline, notre parcours passe à travers bois et champs
Nous passons par Matignolles: très belle ferme château
Le chemin redescend le long du Ri de Matignolles
Ensuite , nous remontons pour aboutir à Treignes
A partir de là , le chemin suit le Viroin, d’abord nonchalant, il s’étale dans la vallée jusqu’à Vierves
Ce midi nous trouvons un bon restaurant qui sert la cuisine locale: salade de Pissenlit et coq au vin
Après avoir passé le long de larges étangs , le Viroin passe dans une profonde vallée. Le chemin passe sous le Ravel réservé aux cylistes.
A la Fontaine de Mary(299m), nous obliquons vers Oignies petit village perdu au milieu des forêts
Nous logeons au sanglier des Ardennes classé au Gault et Millau, ce n’est pas à proprement parler une étape bon marché et des ris de veau au menu pas idéal pour le marcheur.
Partis tard, ,nous traversons la forêt d’Oignies jusqu’à la Sence Severin sans s’apercevoir que nous avons franchi la frontière.
Nous quittons le balisage rouge et blanc au niveau du poteau indiquant la distance vers Saint Jacques de Compostelle et continuons à monter la route
Nous aboutissons à coté de l’autoroute au poste frontière où il y a moyen de se ravitailler.
Après avoir repassé sous l’autoroute nos suivons le balisage bleu et jaune, le plus court pour atteindre Rocroy
Petite ville fortifiée sous Henri II dressée contre le fort de Charlemont à Givet. Rocroy est l’exemple d’une première fortification rasante née de l’imagination des ingénieurs militaires italiens, son urbanisme étoilé est unique en France. Il fait glacial est nous ne nous attardons pas sur les murailles
Le lendemain, il fait toujours aussi froid et nous n’aurons pas un rayon de soleil de la journée. Nous suivons le marquage bleu et jaune qui suit d’abord le chemin du Curé qui est rectiligne jusqu’à Signy la Forêt.
Il passe non loin de l’endroit où eut lieu la bataille de Rocroy qui fut gagnée par le Duc d’Enghien qui sauva la jeune monarchie de Louis XIV. Nous suivons la route forestière du gros chêne jusqu’à la nationale que nous empruntons à gauche. Nous obliquons au niveau de la Chapelle Saint Remy pour nous rendre au village de Chilly absolument désert et glacial.
Nous faisons un petit crochet pour aller voir l’église fortifiée de Laval Morency
Nous montons vers L’Echelle avec son château et son église Saint Pierre
Nous prenons ensuite la direction d’ Aubigny les Potées notre étape.
L’accueil y fut chaleureux, il fallait bien ça, j’était complètement frigorifiée. Aujourd’hui, l’itinéraire par monts et par vaux est très pittoresque jusqu’à Signy l’abbaye.
A Signy l’abbaye nous dînons à l’hôtel Gibergeon qui ferme le dimanche après midi. Dans le village, il y a un autre hôtel logis de France: l’auberge de l’abbaye. L’abbaye a été détruite lors de la révolution. La mairie est construite sur les anciennes halles
Nous empruntons le chemin qui parcourt la forêt de Signy. Il passe par la vénerie: parcours forestier pour les enfants, longe l’étang de la héronnière, la maison forestière des quatre frères,puis une sente forestière pleine de traces de sangliers
Jean Luc a le moral dans les botines et aurait préféré prendre la route vers Lalobbe plus courte. Au sortir du bois, on peut monter au hameau de la Besace où il y a un très beau gîte. Nous continuons vers Lalobbe
De lalobbe à Wasigny , le chemin monte et descend le long de la vallée de la Vaux
C’est aux halles de Wasigny que Joseph , notre Hôte vient nous chercher pour nous conduire à Grandchamps. Son accueil est chaleureux, son repas goûteux avec des produits home made mais il fait glacial dans les chambres sans chauffage. Nous y rencontrons deux dames avec leur jeune cocker et nous decidons de commun accord de marcher une journée sans sac en suivant le GR. Joseph est d’accord de nous déposer à Wasigny puis de venir nous rechercher à Château Porcien et de nous y reconduire le lendemain. En effet, il n’y a là que le gîte communal qui n’ aura pas assez de lits.
Le paysage s’élargit et le sol devient crayeux
Après avoir fait nos adieux à Joseph, à Château Porcien, nous allons faire un détour en suivant le canal des Ardennes puis le canal latéral de l »Aisne. En effet nous n’avons pas trouvé à loger pour nous tous le long de la Via Campaniensis qui suit la voie romaine jusque Reims.
Nous passons devant l’église d’Asfield en forme de lyre dessinée par un architecte italien. Nous observons qu’il n’y a pas une ligne droite, tout est courbe même à l’intérieur de l’église.
A vieux Asfield, nous arrivons trop tard au restaurant( Gault et Miault) pour recevoir un repas chaud, c’est très gentillement qu’ils nous proposent un sandwich avec le dessert.On peut également y trouver des chambres.
Nous nous arrêtons à Neuchatel à l’hôtel Le Cheval Blanc. Il fait bar mais pas restaurant, le seul restaurant(étoilé) du village est fermé le mardi. il faudra se débrouiller. Heureusement , la boulangerie est ouverte. Le lendemain nous repartons à 4 le long du canal transversal de l’Aisne. Le temps est à nouveau brumeux et pluvieux
Nous omettons de tourner à la deuxième écluse( marques non visible). Nous nous en apercevons 3km plus loin.Nous decidons de quitter nos compagnons de route qui retournent sur leurs pas. Nous allons obliquer à gauche à travers la vaste plaine de Champagne et essayer de retrouver le chemin.

En pleine campagne, le monument à la mémoire du sous officier croix de guerre 2 palmes et médaille militaire Robert Levy tué en combat aérien le 12 avril 1917 avec le lieutenant Louis Hemeret et le sergent Jean Brunet
Ce monument aux morts nous rappelle les combats sanglants qui eurent lieu lors des deux dernières guerres. Nous rejoignons le chemin à Bermericout , le village est désert. Nous mangeons notre pique nique dans un abris bus.
Nous rejoignons à nouveau un canal que nous allons suivre jusqu’à Reims
Le chemin est long et monotone: le canal étant entouré de digues, nous n’avons pas de paysage.
Nous avons été loger à Saint Sixte sous le conseil de l’office du tourisme et des amis de Saint Jacques qui nous ont accueilli à la cathédrale. Nous n’avons pas eu à le regretter, l’endroit est très calme. Notre première démarche fut de nous rendre à la cathédrale
Nous ne savons où porter nos yeux face à cette foison de statues(2303)
Reims fut le lieu du baptême de Clovis par l’évèque Saint Remi
Lieu du sacre de 25 rois de France dont le sacre de Charles VII en 1429. Celui -ci renverse le cours de la guerre de 100 ans grâce à la ténacité de Jeanne d’Arc
A la révolution la cathédrale subit déjà quelques dommages restaurés par Violet le Duc. La cathédrale fut bombardée volontairement par l’armée allemande en 1914 dans le but de saper le moral des français. C’est pourquoi, on l’appelle la cathédrale martyre: le 19 septembre 1914 250 obus touchent la cathédrale faisant éclater pierre et statue set exploser les vitraux de la rose centrale. Le plomb de la toiture fond et se déverse par les gargouilles détruisant la résidence de l’archevêque: le palais de Tau.

L’ange au sourire(copie) symbole du martyre de Reims. Au moyen-âge, ils symbolisaient le ciel sur la terre
Par bonheur la cathédrale à été restaurée avec l’aide précieuse de mécènes américains et les rémois. A l »intérieur nous avons surtout admiré les vitraux.
fort heureusement des artistes contemporain ont créé de nouveaux vitraux: Chagall, knoebel et Brigitte Simon. Je n’ai pas de photos, mon appareil étant tombé en panne à cause du froid. Nos pas nous amène à l’abbaye Royale de Saint Remi du XII ème siecle qui fut successivement abbaye bénédictine, caserne, hôpital puis actuellement un très interressant musée archéologique
Y jouxte la basilique romane Saint Remi
Nous passerons le reste de la journée à visiter Reims tout en cherchant une solution pour le GSM de Jean Luc qui lui aussi est tombé en panne à cause du froid et de l’humidité.

Hôtel le Vergeur, ancien hôtel particulier du XV ème siècle sur la place du forum( au moyen âge place du marché)
Nous terminons à la place Drouet Erlon où il y a l’embarras du choix en bars restaurants
En fin d’après midi nous quittons Reims en bus pour nous rendre au terminus des Parques : zoning commercial gigatesque. Nous espérions y rejoindre le chemin, chose à ne pas faire car le chemin est de l’autre côté de l’autoroute. On nous renseigne bien un sentier mais il longe la voie ferrée sur 500 m, passe au-dessus de l’autoroute, et rejoint trois puits où nous retrouvons le chemin. Il eût mieux valu prendre le train à Reims et descendre à trois puits . A partir de là nous découvrons nos premiers vignobles champenois.
Nous logeons à Rilly la Montagne au gîte.
La propriétaire du gîte nous fait poiroter une demi-heure devant sa porte avant qu’elle ne daigne s’occuper de nous: elle était au téléphone…A cette heure les commerces et le petit restaurant du village sont déjà fermés. Nous n’avons pas le choix : nous irons manger àu château qui fait hôtel restaurant: très chic et luxueux. Notre hôtesse nous a réservé une table et nous y sommes bien reçus.
Par contre à notre table voisine un couple de belges néerlandophones râlent dans leur langue de Vondel sur l’hôtel de nous avoir accepté. Cela nous met dans une situation embarrassante. Il est évident que dans nos sacs à dos nous n’avons pas de costume de soirée. A part les lits et les commodités, l’équipement du gîte manque de produits de première nécessité: nous n’y trouvons pas un fond de café ni même du papier WC. C’est donc tôt le matin que je me lève pour faire quelques emplettes: pain, coca cola à la place du café…Un petit bar est sur le point de s’ouvrir: pas de chance… Après avoir déposé nos clef: elle nous a encore fait attendre dehors…., nous repartons. Dans la Journée, nous aurons une alternance de grosse averses et de rayons de soleil. La majorité du trajet se fait en forêt sur un sol crayeux , boueux et glissant.
A Germaine , nous trouvons une boulangerie. A Hautvillers nous avons un superbe panorama sur la vallée de la Marne jusqu’à Epernay
C’est à Hautvillers que le moine Dom Perignon mis au point la méthode champenoise pour fabriquer du champagne. Petite ville très pittoresque par ses nombreuses enseignes.
Nous visitons l’église abbatiale qui abrite les reliques de Sainte Hélène. Nous y admirons les stalles.
Nous descendons ensuite sur Cumière où nous logeons face aux quais de la Marne chez Monsieur Puttinori. L’endroit est charmant.
Le lendemain nous faisons une courte étape à travers les vignobles jusqu’à Moussy.
Nous logeons à l’auberge champenoise. L’endroit n’est pas dépaysant: l’hôtel est rempli par des touristes flamands.
Comme nous avons l’après -midi libre, nous allons visiter Epernay. Nous prenons le bus à Pierry: l’arrêt est dans un nouveau lotissement après le château.
Il nous dépose à la gare d’Epernay. Remonter la rue Gambeta qui aboutit à la rue de Champagne. C’est là que se trouvent les hôtels de maitre des marques les plus prestigieuses.
Tout le monde nous a conseillé d’aller visiter les caves Mercier. La visite fut riche en enseignement. Son créateur Eugène Mercier a réussi a relever le défi de démocratiser le champagne sans sacrifier la qualité. Il est le précurseur de la communication médiatique. Il fit venir de Hongrie du chêne pour construire un énorme tonneau qui tiré par 12 bœufs atteint Paris par monts et par vaux. Il fut l’attraction principale de l’exposition universelle de Paris en 1889 après la tour Eiffel. Cela fit sa renommée.
Une autre campagne publicitaire fut le film tourné par les frères Lumière décrivant les étapes de l’élaboration du champagne: De la grappe à la coupe. Il se servit également de citroën et même de la montgolfière comme support publicitaire.
C’est à bord d’un train automatisé, à 30m de profondeur, que nous parcourrons les galeries ornées de stucs allégoriques.
Le champagne est mis à fermenter dans des fûts de chêne puis remis à fermenter en bouteilles après adjonction de sucre pendant 2 ans en cave à 10°. Les bouteilles doivent être régulièrement tournées( actuellement cela se fait mécaniquement). Ensuite elles sont inclinées afin que le dépôt se mette près du bouchon puis congelées à -23°pour les ouvrir sans perte de gaz et les clarifier.
Partis de grand matin, notre chemin monte vers l’église de Chavot en haut de la colline.
Nous contournons à droite le mont Felix vers Monthelon. Après le château d’eau nous avons de très belles vues sur la vallée que nous suivons sur la droite.
Nous continuons à travers bois sur des chemins très boueux mais le soleil est au rendez-vous.
Nous nous arrêtons près de l’étang de la grande folie où les grenouilles sont en train de s’ébattre.
Arrivés à Montmort, une dame nous interpelle et nous invite à venir passer la nuit chez elle. Quelle coïncidence heureuse car un hôtel est fermé et l’autre est rempli par un car de touristes flamands!

Victor Hugo décrit le château comme un tohu-bohu de tourelles,de girouettes, de pignons, de lucarnes et de cheminées.
Nous avons passé une agréable soirée avec eux à sabler notre rencontre au champagne. Nous avons débattu amicalement tard le soir avec le fils de la maison sur l’Irlande du Nord et de BD dont il est fan comme nous. Nous retrouvons bien là l’esprit du chemin lieu de rencontre et d’amitié.
Après une bonne nuit, nous repartons à travers champs. La pluie se met à tomber. Nous arrivons sans encombre à Baye. Nous pouvons dîner à l’hôtel des Ardennes.
Nous retrouvons le soleil l’après midi. Nous passons à côté des vignobles de Talus Saint Prix.
Nous arrivons assez tôt à l »abbaye de Reclus fondée par Saint Bernard vers 1142. Elle fut partiellement détruite par les guerres de religion.
Nous trouvons une petite restauration aux étangs des forges à proximité de l’abbaye.
Nous trouvons tout ce qu’il faut pour nous faire une tasse de café avant de partir et oh surprise! voici le petit déjeuner à domicile.
Notre nouvelle journée alterne entre bois et cultures. Il y a bien des petits villages mais il n’y a pas moyen de se ravitailler. Nous dînons au bord de l’étang de Lachy.
Nous arrivons en vue du vignoble de Cézanne sur le coteau sud mais il faut d’abord traverser l’autoroute de Paris.
nous trouvons beaucoup de plaisir à nous balader dans cette petite ville aux maisons très pittoresques.

Place de la République. Trois maisons de poupée d’allure médiévale sont accolées à l’église: les échoppes
Les noms des rues évoquent son passé: ruelle de la queue de renard, de la cogne fort (forgerons), aux chats…
Les douves qui ont été bouchées s’appellent des mails.
Sur l’écran solaire une phrase en latin du poète Horace nous interpelle: A quelque heure que Dieu t’envoie le bonheur, accueille-le avec gratitude.
Nous logeons à l’hôtel Croix d’Or au Gault et Miault, avec son menu délicieux au prix démocratique
Après avoir quitté Cezanne, nous nous perdons en suivant le parcours de santé. En fait le changement de direction était bien caché, il fallait continuer tout droit le long du verger. Cela nous permet de découvrir les lâtis: écosystème typique à canules des landes.
A Vinday, le curieux puits en forme de bouteille marque la limite entre la Brie et la champagne crayeuse.
La région était autrefois dépeuplée reposant son économie exclusivement sur l »élevage du mouton et l’industrie textile basée sur le tissage de la laine. Actuellement avec le développement de l »amendement des sols, elle est devenue une grande région agricole pour l’industrie agro-alimentaire.
Nous rejoignons Sandoy après avoir franchi l’ancienne voie ferrée désaffectée. Elle nous servira de fil conducteur jusqu’à Anglure.
On aperçoit au loin l’imposante église de Barbonne Fayel où il est possible de se ravitailler. Le village a été le siège d’une des premières commanderies des templiers.
Nous suivons des cultures à perte de vue, au loin nous apercevons encore les derniers coteaux des vignes de Champagne.
Nous faisons un petit crochet vers le village d’Allemanche où nous sommes attendus par nos hôtes. L’accueil est très chaleureux et le repas convivial.
Après un peu de route, nous traversons l’Aube puis nous suivons un ruisseau.
Nous faisons un petit crochet pour aller voir l’imposant église de Saint Hemerland
A Bagneux, nous rejoignons le canal de la Haute Seine, construit en 1806, il n’est plus utilisé.Sa longueur est de 44 km. Il possède différents ouvrages: écluse set ponts.
Nous faisons encore un détour pour aller voir la curieuse église Sainte Sulpice Saint Antoine de Clesles. De l’église primitive du XII ème siècle, il ne reste que la tour clocher. La légende raconte que Ogier d’Anglure a voulu remercier Saladin de l »avoir libéré des jougs de la prison en construisant cette curieuse tour sarrasine.
Nous dînons à Mery sur Seine: hôtel restaurant vietnamien.
Nous logeons à la chambre d’hôte de Vallant Saint George dans un coquet pavillon 1900 à coté de la ferme, longère typique de la Champagne Nous sommes invités à partager le repas avec nos hôtes.
Nous continuons le long du canal sous un soleil radieux jusqu’a Barberay Saint Sulpice où nous pouvons prendre le bus n° 3 qui nous conduit au centre de Troyes.
A l’heure où nous arrivons, les restaurant sont déjà fermés et nous trouvons tout ce qu’il faut pour nous rassasier dans les halles.
Nous allons rester une journée à Troyes car nous devons attendre que les places se libèrent pour pouvoir loger à notre étape suivante. Nous mettrons à profit cette journée pour visiter Troyes, et cela vaut la peine.
Nous logeons dans un hôtel basique à côté des halles: Le Trianon. Nous sommes réveillé tôt par l’intallation du marché.
Le centre ville donne avec son secteur piétonnier une image fidèle de ce qu’était la ville au XVI ème siècle: rues pavées avec la rigole centrale, étroites ruelles bordées de maison à colombages. La rue aux chats en est un exemple parlant.
La cathédrale fut le théâtre d’événements historique majeurs: le traité de Troyes en 1420 donnant la France aux anglais par le mariage de Henri V roi d’Angleterre avec Catherine de Valois. Et neuf années plus tard c’est le tour de Jeanne d’Arc, qui y passe en se rendant à Reims pour faire sacrer Charles VII roi de France.
La cathédrale Saint Pierre et Paul , à une seule tour , renferme des vitaux remarquables.
Saint Rémy avec sa flèche torse et son horloge à une aiguille sur la tour du clocher
Sainte Madeleine avec son jubé véritable dentelle de pierre et se vitraux aux couleurs éclatantes offerts par les notables de la paroisse et les riches corporations.
L’église Saint Pantaléon renferme un bel ensemble de statues de l’école française du XVII ème siècle.
Saint Urbain IV, nommé pape en 1261, du nom de Jacques Pantaléon, n’oublie pas sa ville natale. Il y fait construire à l’emplacement de la maison de son père, simple savetier, la basilique saint Urbain.
L’hôtel Dieu, actuellement centre universitaire renferme une apothicairie du XVII ème siècle qui abrite une collection unique de bocaux de pharmacie dans son cadre d’origine.
L’abbaye Saint Loup abrite le musée des beaux arts de Troyes. Il renferme des peintures de Charles Natoire ( 1700_1777) d’une grande harmonie de couleurs pastelles et pleines de gracieuses nudités.
L’hôtel de Mouroy accueille le musée de l’outil et de la pensée ouvrière. Restauré par les compagnons du devoir et du tour de France, le bâtiment a retrouvé son aspect originel. 8000 outils d’origine française et faits main y sont exposés, collection unique au monde.
Au départ de Troyes nous avons quelques difficultés à retrouver le chemin. Face à la gare prendre à gauche et descendre la rue Jeanne d’Arc pour rejoindre la voie verte des Viennes qui suit la rivière et longe des potagers. Nous passons sous le pont de la Rocade puis nous traversons l’agglomération de Rivière de corps. Bien suivre les explications du livre car il n’y a pas de flèchage.
Notre chemin passe par Lépine, Laines aux bois par des plaines agricoles.
Prendre la direction de grandes vallées vers le monument dédié aux résistants fusillés en 1944. Rester sur la petite route qui traverse la hameau de Grande Vallée. A la sortie du village nous retrouvons les marques rouge et blanc du GR. Continuer tout droit par le vallon, nous ne trouvons plus de marque et nous allons nous servir du GPS pour nous rendre à Bouily où nos hôtes nous attendent.
La ferme Les Sorgailloux est typique de la région. Nous y recevons un repas plantureux et délicieux.
Le lendemain, nous retrouvons difficilement le chemin et nous nous perdons dans les bois. Finalement, nous prenons la route vers Sommeval, où nous retrouvons le chemin au niveau de la mairie.
Nous marchons à travers champs et bois et le chemin est très bien marqué jusqu’à Bourg Puiseaux où nous pouvons nous rassasier au Puisotier qui sert une cuisine simple et savoureuse.
Le chemin continue à travers bois, nous ne trouvons plus de marques et nous devons à tout moment sortir notre guide.
A notre arrivée à Ervy le Chatel, Le secrétaire de l’office du tourisme, très sympatique, nous rouvre son local pour nous apposer un cachet sur notre crédential. Celui-ci est situé dans l’ancienne halle aux grains.
Nous logeons à l’aquarelle, situé sous l’église, dans l’ancien atelier du peintre. Le jardin, arboré en paliers à flanc de colline a beaucoup de charme. Notre hôtesse nous sert un délicieux repas confectionné avec des produits régionaux. Nous le partageons avec un pèlerin hollandais qui marche 35 Km par jour.
Méfiez-vous des hollandais, au déjeuner il n’y avait plus de jus de pomme.
Nous passons notre temps à suivre les explications du livre car il n’y a plus de marque.
Notre GSM n’a plus d’unité, nous devons absolument passer par Logny la chapelle pour racheter une nouvelle carte au bar tabac en face de l »école car sans cela nous ne savons pas trouver de logement pour ce soir.Nous trouvons une pizzeria pour manger. Là très gentiment, ils nous expliquent le chemin à prendre et nous aide à trouver un endroit pour dormir ce soir car tout est plein à Roffey.
Nous suivons le canal de Bourgogne jusqu’à Roffey. après avoir traversé l’Armaçon et la voie ferrée. Là nous prenons la route de Tonnerre pour Verzinnes où nous logeons au gîte de Madame Noel Grand Rue. Il n’y a pas de bar ni restaurant au village mais nous avons tout prévu. La dame a l’habitude d’accueillir des cyclistes.
Le village est riche en vestiges anciens. Le tympan du portail de l’église, de style roman, représente le jugement dernier. Les morts à l’appel du Dieu de toute justice, placé sur une draperie fleuronnée, soulèvent avec crainte le couvercle de leur tombes et joignent les mains. Un arrêt sans appel: d’un coté , c’est le ciel, au dessous, les flammes éternelles. Plusieurs saints , un évêque probablement Saint Nicolas patron de la paroisse prient et invoquent la clémence de Dieu.
Le château de Jean Stuart seigneur de Vezinnes au XVIè siècle. En 1479 Alexandre Stuart quitte la cours d’Ecosse pour demander asile à Louis XI. De son second mariage avec Anne de la Tour, il y eut un fils Jean Stuart, Duc d’Albany et Chevalier de l’ordre Saint Michel, capitaine de la garde de François Ier. On trouve des écossais en France depuis lors et y firent souche: les rois de France étaient sous la protection de leur garde écossaise. Beaucoup virent également comme pèlerins dont Saint Fiacre.
Sur la place du village, il y a également une belle croix d’un travail renaissance. Au bas de celle-ci Marie Madeleine embrasse la croix avec amour. Le fut est semé d »étoiles, de coquilles, de raisins et de roses. Au dos de la croix la Vierge porte son divin fils.
ll est plus direct de rejoindre Collan en passant par la D35 vers Vezannes puis nous obliquons vers Tissay. Nous passons sous le pont du TGV qui passe toutes les 5 minutes avec beaucoup de fracas dans la vallée. A Collan nous retrouvons le chemin vers Chablis où nous arrivons suffisamment tôt pour le repas de midi.
Le vignoble est connu depuis le moyen âge. Il exportait déjà ses vins en Angleterre, Picardie et les Flandres. Ce qui caractérise ce vin blanc, c’est la sélection des terrains aptes à produire du vin. Ce finage est situé sur un ensemble de terrains formés au jurassique il y a plusieurs millions d’années. Les géologues lui ont donné le nom de Kimméridgien par référence à Kimmeridge en Angleterre. On trouve dans les deux sites les mêmes huîtres fossilisées: Exogyra Virgula.
Chablis a conservé quelques belles maison médiévales dont la plus emblématique, l’obédiencerie du XVème siècle était la propriété du chapitre des moines de Tours pour lesquels les moines de Chablis devaient obéissance.
La collégiale Saint Martin, patron des cavaliers , du XIIème siècle. Elle possède une porte recouverte de fers à cheval posés, selon la légende, par les pèlerins implorant la guérison de leur monture.
Nous quittons Chablis par la porte Noel, négliger l’itinéraire blanc et rouge. Prendre la direction de Bourges et prendre un chemin balisé jaune. Suivre les consignes du livre car les marques sont rares jusqu’à Saint Cyr les Colons. Le chemin est rude de par ses montées et descentes.
A Prehy, l’église Notre dame se situe ua milieu des vignobles.
On peut se ravitailler à Saint Cyr les Colons, il y a également un gîte. L’église Saint Cyr et Sainte Julitte du XIIème siècle est remarquable.
Passer le pont sous l’autoroute, puis tourner directement à gauche, nous parcourons alternativement bois et la campagne. En fin de chemin prendre à gauche le balisage rouge et jaune sur environ 1km. Le livre dit de virer à droite en bordure d’un bois défriché mais il a déjà bien poussé et les marques rouges et jaunes au bord du chemin sont peu visibles: on aperçoit au loin une grande antenne sur la droite .
Nous aboutissons à Cravant par une chaleur de 30°.Ce bourg médiéval à gardé ses portes, ses vielles ruelles et ses maisons à pans de bois. Nous entrons par la porte d’Arbault.

Mémorial de la bataille de Cravant où les français alliés aux écossais se sont fait battre par les anglais alliés des bourguignons pendant la guerre de 100 ans
Le lendemain, le temps est maussade et annonce la pluie. Jean Luc n’a pas envie de se taper 32 km et me rejoindra en train à Arcy sur Cure.
Arrivé à Arcy sur cure , il commence à pleuvoir.
Par bonheur, nous trouvons une auberge à Moré: le camps de Cora ( du nom du fort romain découvert dans la région). Nous y entrons tout dégoulinants. Après avoir un peu séché et s’être rassasiés: le repas était succulent, nous repartons sous la pluie battante et prenons le chemin le plus direct.
Ses grandes mains de travailleur, en dehors de la mandorle, incarnent la vie terrestre de Jésus. Saint Pierre a ses pieds détient les clefs du paradis.

Les nations du monde sont représentées dans toute leur diversité. Les apôtres éclairés par la lumière du Christ ont pour mission de les convertir.

A gauche les signes du zodiaque, à droite les travaux des mois, au centre, dans des cercles, un chien , un acrobate, une sirène, symbolisent les cycles du temps qui se renouvelle perpétuellement.
Arrivée à 18h30 à Vezelay,heure des vêpres, alors que Jean Luc cherche un endroit pour se désaltérer, j’entre dans la collégiale. Je me crois arrivée au paradis: le chœur illuminé et ces chants des moines et moniales me font oublier un instant les affres de la journée.
Jean-Luc me ramène vite à la réalité: n’ayant rien trouvé, il me dit: »viens vite , nous devons chercher un endroit au sec ». Nous avons trouvé à loger au Cheval Blanc tout en bas du village. malheureusement, il n’y a pas de chauffage dans la chambre et nous repartirons le lendemain avec nos bottines mouillées.
C’est la fin du début. Nous reprenons le bus pour Sermizelles puis le train pour Paris, puis Bruxelles, puis Dinant où nos amis Warland viennent nous chercher pour nous reconduire à la maison ayant fait la plein de bons souvenirs.